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Les Tarawélé ou Traoré, Koné ou Konté.



Tarawélé ou Traoré, Koné ou Konté.
(Source : l’empire de Ghana. Le Wagadou et les traditions de Yéréré (Livre).

Le clan Tarawélé, integré aux quarante-quatre clans reconnus par la tradition Soninké a toujours fait l’objet d’un régime particulier.
Après que Diabé Cissé ait fondé Koumbi, il est allé occuper un pays situé au sud de Kita qui fut nommé Fadougou et où se trouvait un groupe important de chasseurs nomades.
La majorité des Tarawélé vivait à l’époque dans le Djimbala, situé prés du lac Faguibine : ce groupe serait venu en partie avec Dinga et avec les guerriers que ce dernier avait vaincus lors de ses conquêtes et intégrés à ses troupes.
A cette époque, il n’y avait pas, rappelons-le, de nom de clan : ces chasseurs qui se disaient « enfant de la chasse », kaña remme (en Soninké), ne se sont jamais sédentarisés du temps de l’empire du Wagadou, mais, comme d’autres, ils ont pris un nom patronymique, Tarawélé, après l’occupation des lieux par Diabé.
Or un groupe de chasseurs alliés avait une fonction particulière auprés d’eux ; ils étaient leurs maitres de cérémonie au moment du rituel exécuté quand l’un d’eux accédait au grade de « maitre du feu de la chasse ».
Puis leurs membres devinrent les chantres des Tarawélé. Et, après que Diabé Cissé et ses successeurs eurent adopté au Wagadou les noms de clan et le système des castes, ils prirent le nom de Koné ou Konté et sont devenus les adjoints attitrés des Tarawélé.
Il y eut des chefs parmi ces groupes de Tarawélé du temps de l’empire du Wagadou. Diarra Sylla dit : « Les Tarawélé devinrent Marka par cohabitation avec les Soninké, mais ils ne l’étaient pas d’origine ».
Lors des émigrations successives, les Tarawélé et les Koné qui les accompagnaient se dispersèrent.
Une partie d’entre eux allèrent occuper les bords du lac Débo, proche de leur region d’origine.
Encore aujourd’hui sur le massif de Gourao se trouvent trois villages : l’un Gourao-Marka, l’autre Gourao-Bozo et le troisième Gourao-Foula.
Goura-Marka est occupé par des Tarawélé qui ont realisé dans un abri sous roche des peintures rupestres dont une partie, très réaliste, represente des personnages debout sur des pirogues « arrivant sur les lieux ».
Ce sont des Tarawélé de Gourao qui, avec les Bozo, assuraient autrefois le culte de Faro à l’extremité de la rive rocheuse qui s’avance dans le lac Débo.
Un autre groupe est allé directement au sud, sur les rives du Bani et en l’actuel Burkina Faso ; un troisième a occupé le Mandé. Là, les Tarawélé furent les premiers parmi les clans émigrés à se sédentariser et sont devenus chefs de terre ; notamment à Mikongo, situé au pied de la colline de Koulouba.
Ils réalisèrent, là aussi, dans les grottes des falaises, des peintures rupestres dont les habitants du village sont encore les responsables et les officiants ; ils y ont aussi, comme au lac Débo, marqué et souligné l’époque de leur arrivée.
Il semble qu’il y aurait eu de très rares habitants dans les monts mandingues avant l’arrivée des Tarawélé.
Les habitants d’un village nommé Tiko, situé prés de Kinieroba, paraissent avoir oublié leur origine, car ils se déclarent « descendus du ciel »; mais ils seraient venus du Wagadou, et ils ont conservé le culte de la Hyène, qu’observait Dinga. (Tiko est situé sur la même rive Niger, au sud Kangaba. Quatre agglomerations ont assumé et conservé jusqu’ici un culte particulier des Hyènes : Tiko, Konodimini, Barbé et Diambigefin).
C’est un groupe de Tarawélé, chefs de terre, qui aurait fondé le premier sanctuaire dit kama blo et le culte septennaldont il est l’objet.
Si, à Kangaba, le culte a été ensuite et est encore assumé par les Keita et les Kamara de Kangaba (qui étaient les descendants de Kakolo émigrés), il fut consacré lors de sa fondation par les Tarawélé assistés de Koné ou Konté.
Il conviendra de faire une étude des migrations anciennes des Tarawelé, de leur implantations et des cultes qu’ils ont instaurés.


M.SACKO 12/12



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