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Cultes et rites des Soninké et des Kakolo.(suite).
III. Rites de Pluie ...... IV. Les jarres de Dinga.



Cultes et rites des Soninké et des Kakolo.
III. Rites de Pluie. IV. Les jarres de Dinga.
(Selon le livre « l’empire de Ghana. Le Wagadou et les traditions de Yéréré »).

III. Rites de Pluie.
Les rites de pluie étaient réalisés par divers groupes. Il convient de rappeler ici l’origine que leur accorde la tradition et les caractéristiques des louches ou cuillers de métal, kasi, utilisées par certains officiants. Nous rappelons d’abord celle de Dinga dite « porc-épic », qui était gravée de signes. Au Wagadou, on en distinguait quatre majeures, également gravées de signes et symboliquement mises en relation avec les quatre « éléments » de base :
- En or, symbole de celle qui fut donnée à Térékiné par Dinga avec toutes les recettes de thaumaturgie ;
- En argent blanc pour les Tounkara, clan Kousa, qui s’occupaient de la pluie et du vent ;
- En cuivre rouge, donnée à Tirikala Sogouna, cordonnier ;
- En fer noir, confiée aux Karo.
Ces quatre louches correspondaient la première à « l’eau », la seconde à « l’air », la troisième au « feu » et la quatrième à la « terre ». Autrefois, dit-on, Térékiné avait les quatre louche kasi ; plus probablement, il y a eu partage entre les clans. Chaque louche était gravée d’une série de signes réalisés par les forgerons sur le dos de l’objet et à l’intérieur. Chacune pouvait être utilisée pour arrêter le vent et faire tomber la pluie.
Mais déjà, au temps de l’empire du Wagadou, les rites de pluie étaient réalisés par divers groupes. Les Karo agissaient les premiers. Les descendants de Térékiné, les Sogouna, œuvraient ensuite : le responsable creusait un trou dans la brousse, loin du village, prenait en main sa louche rituelle et priait ; ensuite il se mettait sur la tête, les jambes en l’air, et criait trois fois. On ne sait pas ce que faisaient les ancêtres des Karo, des Kakolo, avant l’arrivée de Dinga pour obtenir la pluie ; mais les Kamissoko, actuellement, frappent avec un couteau sur une pierre ou sur un lithophone.
Un rituel pour la pluie était exécuté à Yéréré, près d’une marre nommée « gatara », alimentée par l’eau d’une source qui sortait d’une colline proche. L’eau de la source, légèrement salée, avait des vertus thérapeutiques : on la donnait à boire aux animaux malades. D’autre part, les thaumaturges en transes entraient dans l’eau et rapportaient des pierres avec lesquelles ils érigeaient des autels. Les rituels Soninké pour la pluie furent inaugurés là à partir de l’arrivée de Diabé ; c’étaient les Sogouna et les Kousa Tounkara qui assuraient le culte. Après qu’aient été sacrifiées des victimes et récitées des prières, chaque famille apportait de l’eau de farine de mil que tous les enfants venaient consommer sur place en chantant. Le lieu était si important que nul voyageur n’osait s’y aventurer.
Actuellement le culte est assuré par les Diawara. Il n’y a plus de sacrifices, mais on effectue un rituel pour lequel interviennent les enfants. Les pierres trouvées autrefois dans le fond de la marre et placées au pied de l’autel reçoivent le reste de la bouillie communielle et l’eau de la marre qui a servi à rincer les plats. Les prières sont remplacées par les cris des enfants qui chantent :
« Pluie, viens tout de suite ! Qu’il vienne beaucoup de pluie dans l’outre du père. »
Après cette énumération de rites claniques et locaux réalisés pour l’obtention de la pluie, nous rappelons l’importance du culte de Bida. Celui-ci accordait « la pluie et l’or » et recevait en contrepartie une épouse, en raison de l’accord, scellé par un serment, passé avec son frère. Celui-ci instaura le culte qui fut le seul à assumer et prit le pouvoir ; le culte resta toujours assumé au niveau impérial. Là, comme ailleurs en Afrique, « le projet de la royauté traditionnelle fut une emprise illusoire sur la nature avant d’être une main-mise sur les hommes ».

IV. Les jarres de Dinga. Si le gouffre de Bida fut le lieu de culte principal des Soninké, la grande jarre de Dinga, mama kubara gumbe, restée à Dalangoumbé, est considérée comme l’autel de fondation du Wagadou.
Elle est actuellement dans le sol sous un tumulus situé au centre d’un petit bois de dyabe (Acacia nilotica) : on ne coupe jamais ni les branches ni les racines des arbres de ce lieu.
Au temps de l’empire, le Kaya Maga sacrifiait annuellement sur cet emplacement ; on vient encore actuellement prononcer des vœux et apporter diverses offrandes en ce lieu historique et sacré.
Les gardiens de ce lieu historique et sacré sont les Sogouna de Diara.


M.SACKO 05/13



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