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Transfert des cultes Soninké et Kakolo.
II. L'« oiseau » de Krina.


Photo: Le vautour, associé à la connaissance « céleste ».

Transfert des cultes Soninké et Kakolo.
II. L'« oiseau » de Krina.
(Selon le livre « l’empire de Ghana. Le Wagadou et les traditions de Yéréré »).

Le culte assumé au Mandé par les Kamissoko, celui de l’«oiseau » kono de Krina, et rendu par eux au vautour légendaire, qui accompagnait Dinga lors de son périple, et qui a conduit Diabé Cissé et ses frères lorsqu’ils ont quitté Sonna (Assouan) pour aller s’installer dans le sahel, non loin de Dalangoumbé. Ce culte était assumé au Wagadou par les ancêtres des Kamissoko, qui résidaient à l’époque dans la région de Méma.



Photo: Le vautour, associé à la connaissance « céleste »

La devise des Kamissoko, dereba, que portent non seulement les Kamissoko de Krina, mais aussi ceux qui vivent dans d’autres régions, doit être mentionnée. Dere, en langue Malinké, qualifie une chose « considérable et très lourde » ; elle était autrefois attribuée à un individu à la fois très instruit et très compétent. Ici elle souligne que les Kamissoko de Krina sont les prêtres d’un culte fondamental, associé au savoir.
De toute façon, les textes traditionnels mentionnent le rôle du vautour et de l’hyène, dont nous connaissons le rôle important dans les modalités de l’instruction dans certaines populations d’Afrique occidentale, notamment dans l’enseignement distribué par les maitres des sociétés d’initiation Malinké et Bambara. Adjoints du « maitre de la parole », l’hyène est associée à la connaissance « terrestre », le vautour à la connaissance « céleste » ; à ce titre, ils sont complémentaires. « La boite crânienne du masque du Komo est celle de la hyène, la tunique du porteur, couverte de plumes, représente « le vautour mythique chargé des signes du savoir ». Il en est de même chez les Songhay. « Le vautour est un savant qui travaille comme le sohantye… Il a le pouvoir de parvenir auprès de Dieu dont il écoute les secrets qu’il vient répéter aux sohantye, ces magiciens savants du Songhay. » « La poignée du sabre des sohantye représente la tète du vautour, allié de ces derniers ».
Or le vautour apparait à la fois dans la geste de Dinga, et dans celle de Diabé, venus tous deux de Sonna, que la tradition de Yéréré situe en Egypte ; et l’on connait les représentations de ce rapace dans les peintures, gravures et sculptures qu’a produit la civilisation Egyptienne. Mais là, le vautour est associé à la maternité et à la royauté. Il faut aussi souligner que ce culte était assumé au Wgadou non par des wage Soninké, mais par des Kakolo. Ces faits nous semblent poser le problème des rapports qu’entretenaient les Kakolo et les conquérants. Il convient donc de poursuivre les recherches sur la façon dont étaient répartis, entre les envahisseurs et les résidents, certains cultes et certains rituels au temps de l’empire du Wagadou.

M.SACKO 06/13



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