Faire connaître l'Histoire des Soninké - Valoriser la culture et la langue Soninké.
 


Rites familiaux des Soninké et des Kakolo.
I. Naissance et dation du nom.


Photo: Mère et nouveau-né en milieu Soninké.

Rites familiaux des Soninké et des Kakolo.
I. Naissance et dation du nom.
(Selon les livres:
- Naître et devenir. Anthropologie de la petite enfance en pays soninké (Mali)
- l’empire de Ghana. Le Wagadou et les traditions de Yéréré.)

Introduction:
-L’importance des rôles attribués aux femmes par la tradition de Yéréré nous incitent à rappeler ici l’hypothèse formulée par Boubou HAMA lors du séminaire de la Scoa en 1981.
« L’autorité, avant d’être patrilinéaire, aurait été assumée par le matrilignage dans ces régions d’Afrique occidentale ».
- Il est clairement attesté, dans toutes les versions, que Dinga a épousé des femmes nées d’une « occupante » des lieux (où il déposera ses « jarres »).
-Après la prise de pouvoir par les Soninké, l’organisation sociale fut patrilinéaire et patrilocale. Cependant les femmes jouaient un rôle très important : la sœur ainée d’un chef de région, d’un doyen de lignage, avait un pouvoir comparable à celui de ce dernier : elle était son égale. On allait la consulter pour tout et aucune décision n’était prise sans elle. Elle était assistée d’un gessere qui, faisant la navette entre elle et son frère, servait d’intermédiaire.
-Les gessere officiaient toujours dans toutes les cérémonies familiales de wage. Les circonstances dans lesquelles ils devaient relater l’histoire des Soninké sont les suivantes : naissance, dation du nom, circoncision, mariage, mariage, mort d’un chef, au cours des veillées qui suivent le décès.

Naissance et dation du nom.
Dès la naissance d’un enfant, et quel que soit son sexe, on le lavait et on lui donnait à boire un peu de lait de chèvre. La matrone qui avait coupé le cordon ombilical enterrait dans la case de la mère, en un lieu que celle-ci lui désignait, le placenta et le cordon adjacent, préalablement placés dans une petite poterie non décorée, car cette dernière devait rester de la couleur de la terre utilisée.
Le sixième jour après la naissance, le gessere attaché à la famille du père venait raser la tète de l’enfant. L’opération avait lieu devant la mère, dans l’après-midi. Les cheveux rasés étaient pesés et la mère donnait à l’officiant un poids égal de paillette ou de poudre d’or. Elle conservait ces cheveux à l’abri, soigneusement cachés dans sa case, pour en faire, au moment de la circoncision ou de l’excision de son enfant, une amulette protectrice qu’elle lui donnait à ce moment-là.
Le septième jour, on préparait dans la famille de l’enfant des plats faits de petit mil et de condiments. Le gessere allait pendant ce temps prévenir les parents et les amis pour leur annoncer que l’on allait procéder au baptême du nouveau-né. Puis il revenait dans la demeure du wage, pénétrait dans la chambre de la mère, où on lui mettait le bébé dans les bras. On lui révélait à ce moment-là le nom qu’avait choisi son père ; il répétait alors trois ou quatre fois, selon le sexe du nouveau-né, dans chacune des oreilles de l’enfant. Ce rituel avait pour nom « percer l’oreille » de l’enfant (na toro boto). Le gessere sortait ensuite dans la cour, où tous les parents et amis étaient réunis, et il communiquait le nom donné à l’enfant après lui avoir énoncé toute sa généalogie paternelle et maternelle.
On avait égorgé un bélier ou un taurillon dans la cour et préparé des plats de viande ; toute la journée, les gessere officiaient pendant que les visiteurs, après avoir offert un cadeau à la mère, venaient prendre le repas préparé pour eux. Les gessere recevaient à leur tour des cadeaux ; le premier était offert par la famille du père : il était fait d’une mesure d’or placé dans la peau d’un taurillon de trois ans. Les visiteurs faisaient également des dons aux gessere.
Quarante jours après la dation du nom, on pouvait faire confectionner un bracelet ouvert, en argent ou en fer, que l’on plaçait au poignet gauche de l’enfant.


Photo: Mère et nouveau-né en milieu Soninké.

M.SACKO 07/13



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