Faire connaître l'Histoire des Soninké - Valoriser la culture et la langue Soninké.
 


L'Empire de Ghana(Wagadou).

Le mythe Soninké du Wagadou : Vie et mort d’un Empire.
Selon Bassirou Dieng, Professeur de lettres à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal).



L’Empire Soninké du Wagadou, ou Empire de Ghana, est censé être le plus ancien connu en Afrique noire. On le situa longtemps entre le VI e et le XII e siècle, mais des recherches plus récentes tendent à le faire remonter aux environs du 1er siècle de notre ère.
De même, alors que l’on crut longtemps qu’il avait été vaincu en 1170 par les musulmans Almoravides, on sait maintenant qu’il disparut seulement vers le XIII e siècle, sous les coups du royaume Soussou, avant de passer sous l’hégémonie du Manding, à l’avènement de Soundiata.
Ce sont les Arabes qui mentionneront d’abord son existence, et plus spécialement le géographe andalou El Bekri (XI eme siècle). Il évoque un pays fertile, des villes prospères, une agriculture florissante, le commerce de l’or, des esclaves et du sel, un roi et sa cour, une religion locale ayant un bois sacré, coexistant avec l’islam, dont attestent plusieurs mosquées.
Lorsqu’au XIX e siècle, les voyageurs européens comme René Caillé (1799-1838) y pénètrent, l’empire du Ghana est déjà enseveli sous les sables.
C’est par le mythe du Wagadou que les Soninkés conservent la mémoire de leur grandeur passée et des circonstances de la chute du royaume. Ce mythe se présente comme un condensé d’histoires. Il tient ainsi lieu d’archives pour l’ensemble de l’ethnie, et de charte-code pour sa classe dirigeante. On y relate d’abord le long péril qui fait venir les Soninkés du Yémen ou de Palestine (de villes comme Sodome et Kirjatch) et les faits traverser l’Afrique du Nord par l’Egypte (Louti) et ce qui est aujourd’hui le désert, jusque dans l’Adrar et le Tagant, pour s’installer dans cette région fertile qu’était alors Koumbi, au nord du Tombouctou actuel (Mali). On apprend aussi qu’après les luttes diverses pour succéder au roi-ancêtre Dieu Dinga, le vainqueur fut un certain Diabé CISSE, qui installa sa dynastie et organisa le royaume.
Enfin et surtout, le mythe détaille les aspects occultes de la religion Soninké, et le culte résultant de l’alliance avec le fameux serpent Bida. Selon le mythe, ce serait suite à une transgression de ce culte que l’empire aurait vu s’installer la sécheresse et la misère, au point que les Soninkés durent fuir la région, devenue inhabitable. Cette transgression fut perpétuée par un prince islamisé, si l’on en juge par son nom, que la tradition a retenu : Mamadi Sakho, qui trancha la ou les têtes du serpent Bida, protecteur du royaume. Dans la version présentée ici, le récit s’organise en trois séquences:
-La première raconte la formation d’une entité sociale et son implantation dans un espace donné. On exalte le contrat (combat, mariage) par lequel on légitime la possession d’une terre autour des valeurs comme la famille, les activités économiques et l’installation du premier culte. La figure de Dinga, qui domine la séquence, représente le maitre de la pluie (Dieu d’eau).
-La deuxième séquence met en scène l’émergence du pouvoir. Le fils de Dinga, Diabé, évolue pour devenir un maitre chasseur. Il symbolise la figure royale originelle et l’avènement du pouvoir politique dans l’ouest africain.
-La dernière séquence traite de la fin du royaume, du conflit idéologique entre islam et animisme et du début de l’émigration Soninké constitutive de son identité.
Le mythe du Wagadou est demeuré jusqu'à aujourd’hui un récit oral, même s’il a été transcrit en Français en 1898 par Charles Monteuil.
Tiondi Magassouba, Badoua Siguiné et Abdoulaye Bathily en proposeront d’autres versions dans les années 1990.

M.SACKO 12/12



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