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La mort de "BIDA"(Serpent Totem de Wagadou).



La mort de Bida : Fin du Wagadou.(D’aprés Tudo YARESI 1898)
Une année, la jeune fille désignée pour le sacrifice se nommait Asyan (ou Asya) Yatabaré ; elle avait pour bon ami Mamadi Safantan-khotte Sakho.
Pour soustraire sa belle à son triste sort, Mamadi résolut de tuer le Bida. En vain Asyan tenta de le détourner de son projet, en lui montrant que son sacrifice était nécessaire à la prospérité générale, et qu’en s’y soumettant elle accomplissait un acte dont la gloire rejaillissait sur les siens.
Mamadi prépara ses armes et, le jour de la cérémonie, se plaça au premier rang, à coté de son oncle, Wackané SAKHO.
A la première apparition du Bida, il lança son cheval en avant, mais les assistants, croyant à un caprice du cheval, le retinrent.
A la deuxième apparition, il en fut de même. Mais à la troisième, Mamadi fut plus heureux : avant que le Bida eut saisi Asyan, il trancha la tête du monstre et disparut.
Alors, les assistants, terrifiés, virent la tête du Bida s’élever dans les airs, tandis qu’une voix disait :
« Ma mort sera la cause de toutes les calamités que vous n’avez pas connues tant que vous m’avez respecté. A partir d’aujourd’hui, pendant sept ans, sept mois et sept jours, il ne tombera pas d’eau dans le Wagadou, et vous n’y trouverez plus une paillette d’or. »
La tête sanglante disparut et alla tomber dans le Bure (Bouré, village en amont de Segou), devenu grâce à elle, le pays de l’or.

Fuite de Mamadi.
Après les fatidiques paroles, tous les cavaliers, Wackané SAKHO en tête, se mirent à la poursuite de Mamadi.
Wackané SAKHO montait un superbe et infatigable cheval, qui eut vite fait de dépasser tous les autres.
Mamadi sentit bientôt derrière lui la galopade furieuse et reconnut le galop du cheval de son oncle.
Ce dernier, arrivé à bonne portée, jeta sa lance, mais elle tomba seulement à coté du fugitif, et Wackané, s’approchant, dit à son neveu :
« il ne tient qu’à moi, mon fils, de te tuer, mais malgré tout, je t’aime encore et je t’épargnerai. Méfie-toi seulement de ceux qui me suivent : s’ils t’atteignent, ils te mettrons à mort.»
Puis il descendit de cheval pour ramasser sa lance et rejoint par les cavaliers, se fit aider pour se remettre en selle (ce qui permit à Mamadi de regagner du terrain).
Trois fois, Wackané SAKHO approcha de Mamadi et trois fois il agit de même.
Enfin, le fugitif arriva à Seman sur le Niger, ou habitait sa mère.
Il entra comme une trombe dans la cour de la maison. Il était temps, car, au même moment, la lance de Wackané alla briser une calebasse entre les mains de la sœur de Mamadi, occupée à vanner du mil.
La mère, mise en émoi par ce vacarme, parut à l’instant ou la lance brisait la calebasse, et, reconnaissant que l’arme avait visé son fils, qu’elle aperçut haletant, couvert de boue et de sang, elle s’écria : « Quel est le misérable qui ose poursuivre l’enfant jusque dans la demeure de sa mère ? »
Wackané et la troupe des cavaliers surgirent, sur ces entrefaites.
On expliqua à la mère que, par la faute de son fils, le Wagadu était ruiné.
« Qu’importe », dit-elle, « j’ai assez de biens pour nourrir tous les gens du Wagadu pendant sept ans, sept mois et sept jours. Qu’ils abandonnent donc ce pays maudit et qu’ils viennent ici, ils n’auront pas à le regretter. »
On finit par s’entendre, mais les gens de Wagadu n’acceptèrent pas la proposition de la mère de Mamadi et préférèrent se disperser.

M.SACKO 12/12



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