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Société: Le mariage (yaxu) chez les Soninké.





Le mariage (yaxu) chez les Soninkés.
« Le Jeudi c’est le jour de mariage en soninkara » (clin d’œil à Amadou et Mariam, celebre couple aveugle au Mali)
Je me propose de vous parler d’un des fondements de la société soninké, le premier « fait social total » chez les soninkés c'est-à-dire le mariage.
En pays soninké, toute demande en mariage doit être justifiée de façon historique ou sociale pour la famille, en ce sens, il suppose un appel à la mémoire, au passé. Dans le passé et encore aujourd’hui chez les Soninké, le mariage n’est pas seulement un acte entre un homme et une femme mais une alliance, une union, un engagement entre deux familles deux clans, deux villages etc.
C’est ainsi qu’il est enseigné aux jeunes soninké que :
«On n'épouse pas forcément la femme qu'on aime mais celle qu'on doit épouser », « Epouse la femme qui t’aime », « Epouse la femme dont la maman et ta propre maman ont puisés de l’eau dans le même puits».
Vaste sujet me direz vous, Maremou, il s’agit pour moi ici tout simplement de rapporter le peu que je sais car ils existent des spécialistes pour nous édifier d’avantages sur le sujet.
Chez les soninké les différentes étapes importantes du mariage reposent sur une procédure très claire et précise :

1 -La demande « mundunde » ou murunde :
Quand un homme souhaite demander la main d’une jeune femme, il doit d’abord en parler à son père. Un émissaire est ensuite envoyé auprès de la famille de la jeune fille. Il doit faire cette demande auprès des oncles paternels de la future mariée. La demande en mariage n'implique pas des fiançailles, au sens occidental du terme. Chez les Soninké, l'accord des futurs époux est, à la limite, secondaire. Ce qui importe c'est la promesse d'alliance entre clans et lignages.

2 -Les fiançailles « tamma ».
Les fiançailles « tamma » consiste dans le versement d'une somme d'argent à la famille de la future mariée. Cette somme ne peut être assimilée à la dot. On ne peut pas non plus l'appeler compensation matrimoniale tant elle peut être insignifiante. Après la prise (ou l'acceptation du tamma), à chaque mois lunaire le fiancé donne quelque chose aux parents de la fille en guise de contribution à la nourriture de sa fiancée.

3 -L’annonce ou mariage en vue « hutu » ou « futu ».
Après l’acceptation du tamma, la période qui s’écoule jusqu’au jour du mariage peut-être plus ou moins longue.
Le hutu (futu), seul, revient directement à la jeune mariée. Son prix a évolué dans le temps ; il pouvait aller jusqu'à deux esclaves et dix pièces de Guinée pendant les XVIIIe et XIXe siècle.
Aujourd'hui, il est donné en argent, en bétail ou en or. En théorie, personne, même pas les parents biologiques de la jeune mariée, n'a le droit d'aliéner son hutu (futu) ou même d'en utiliser une partie.
Donné par le futur mari, il représente le prix de la sueur de la promise. En principe, le mariage ne devient vraiment légitime que si le futu est versé complètement mais il arrive qu'il ne soit réglé qu'en partie et qu'en accord avec son épouse et sa famille, l'homme s'engage dans un délai précis à apporter la part manquante. Si les deux alliés souhaitent le mariage, le versement intégral du futu ne peut constituer une condition préalable à la célébration du yaxu (cérémonie traditionnelle du mariage). Cette date sera fixée après le consentement final appelé futu. Ce jour là, la mère de la jeune fille distribue des noix de cola. Et après concertation, la date du mariage est fixée.

4 -Le mariage « yaxu » ou « niakha ».
Au sens étymologique, yaxu signifie le mariage c'est à dire la situation de deux personnes unies par un lien social qui légitime leur vie en commun et leur acte sexuel. Par extension, on utilise le terme yaxu pour désigner le niakha, c'est à dire la cérémonie qui précède et accompagne la cérémonie de transfert de la jeune fille de la maison paternelle à celle de son mari (hallandé. C'est en effet pendant cette période que la jeune fille peut subir une initiation essentiellement sexuelle car elle est censée tout ignorer de la sexualité. Chez les soninkés, le jour du mariage est fixé un jeudi. La future mariée passe toute la journée dans une chambre. Elle doit se tenir assisse. Toutes les filles se réunissent dans la chambre pour la soutenir. L’ambiance festive commence ce jour là. On bat le tam-tam traditionnel, on danse et on chante les louanges et la généalogie (Dambé) de la future mariée. Le soir, on prépare la jeune fille car c’est cette nuit qu’elle rejoindra la maison conjugale. Avant de s’y rendre, elle est lavée et habillée en blanc avec des vêtements traditionnels. Mais avant de présenter la magno (future mariée) à la famille de son futur mari, les jeunes filles négocient. Pour la dévoiler, il faudra les payer. C’est un moment propice aux pourparlers dans la bonne humeur. Enfin, quand la jeune femme est libérée, elle dit au revoir à ses parents et se rend dans son foyer. Le transfert vers la maison conjugale peut commencer. La jeune femme est accompagnée par des femmes, des tantes et des jeunes filles. Pendant une semaine, elle restera dans son magnon nkompé (chambre de mariée) Tout ce temps là, elle ne fait aucunes tâches ménagères. C’est sa mañu maxa, qui s’en occupe et qui la conseille durant cette période. Le marié reçoit également les conseils d’un ami proche. La nuit même où la jeune femme rejoint son mari, le mariage est consommé. Dans les temps plus reculés, le pagne blanc de la jeune femme, entaché de son sang virginal était exhibé publiquement le lendemain de la nuit de noces. La fille et sa famille étaient alors célébrées, chantées. On parlait de la bonne éducation de la fille et des mérites de ses parents. C'était l'occasion pour la mère de la fille notamment de faire des dons ostentatoires aux naxamala. La virginité est tellement valorisée que le mari en dehors du hutte qui est une obligation institutionnelle religieuse, offre un cadeau à sa femme trouvée vierge. Quand la fille n'est pas vierge, soit on lui fabrique une virginité en immolant un coq ou n'importe quel autre animal pour en verser le sang sur le pagne, soit on s'abstient de le faire et on ne battra pas alors de tam tam le lendemain de la nuit de noces. Pour les parents soninkés, c'est une honte terrible que de devoir supporter les quolibets et les œillades malveillantes des autres. Aujourd'hui, de plus en plus, cela pose un problème du fait que nombre de jeunes filles ne sont plus vierges au mariage. En général, le matin, la mañu maxa (femme chargée de veiller à la future mariée pendant la réclusion), prend le pagne de l'épousée et le remet directement à la mère de cette dernière qui en fait ce qu'elle veut.

5-La grande fête.
C’est le jour J. La mariée sort de son magnon nkompé (chambre nuptiale).
C’est une grande fête. On invite tout le monde. La cuisine doit être parfaite et être en quantité suffisante. On en profite pour déballer tous les cadeaux ainsi que les présents que la mère fait à sa fille. Bijoux en or, argent, vêtements traditionnels, vaisselles,… On présente tout aux invités. Placées au centre, la mariée et sa mañu maxa sont habillées et drapées de tenues traditionnelles de mariés. Après ce moment solennel, tout le monde peut se remettre à danser et à chanter. Et la mariée peut revêtir ses plus beaux habits. Ce soir, c’est elle la reine.



M.SACKO 12/12



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