Faire connaître l'Histoire des Soninké - Valoriser la culture et la langue Soninké.
 


Rites familiaux des Soninké et des Kakolo.
III. Mariage.


Photo: cérémonie de mariage.

Rites familiaux des Soninké et des Kakolo.
III. Mariage. (Yaxu).
(Selon le livre: l’empire de Ghana. Le Wagadou et les traditions de Yéréré.)

«En Soninké, Yaxu signifie le mariage c'est à dire la situation de deux personnes (un homme et une femme) unies par un lien social qui légitime leur vie en commun et leur acte sexuel. »

Comme les circoncisions et les excisions, les cérémonies de mariage avaient lieu annuellement, pour la collectivité d’une ou même de plusieurs agglomérations. Bien entendu, elles étaient précédées d’échanges entre les familles des conjoints, échanges et discours pour lesquels intervenaient les gessere.
Lorsqu’une famille décidait de marier l’un de ses fils, les agnats réunis lui choisissaient une femme. Ils convoquaient ensuite le gessere et lui demandaient de servir d’intermédiaire et d’aller faire une première demande dans la famille de la jeune fille. On lui remettait des noix de kola et un peu d’or qu’il offrait lorsqu’il formulait la demande. Cette cérémonie était renouvelée trois fois et la réponse de la famille sollicitée était alors ou positive ou négative ; dans ce dernier cas, le prétendant devait se retirer.
Après l’acceptation, les parents de la jeune fille décidaient de participer à la consécration de l’union projetée, et demandaient au gessere qui servait d’intermédiaire de leur faire parvenir à la fois la dot et le témoin de la « parole » engagée, le tama ; il s’agit d’une bande de coton blanche de plus de dix coudées de longueur, qui n’a aucune valeur économique, mais une considération valeur symbolique. Au jour fixé pour cette consécration, les parents du jeune homme, accompagnés du gessere qui apportait la dot et le tama, se rendaient chez les parents de la jeune fille : la dot et le tama étaient remis au père de cette dernière. Les parents du fiancé demandaient alors qu’un jour soit fixé pour la cérémonie. En réalité, ces préparatifs n’étaient pas individuels, mais collectifs. Tous les parents des futurs conjoints se mettaient d’accord pour que les cérémonies aient lieu le même jour.
Ces dernières duraient une semaine de huit jours (qui était celle en exercice du temps de l’empire du Wagadou ; c’est la pénétration de l’islam qui a modifié le comput et établi la semaine de sept jours). Dès le premier jour, les jeunes filles étaient groupées chez le chef du village et restaient chez lui pendant toute cette période.
Au dernier jour, le gessere de la famille de la jeune fille allait la chercher chez le chef. Vêtue de tissus bleus (pagne et écharpe), elle portait sur le front une cuiller en bois que lui avait donné sa mère, maintenue par l’écharpe qui ceignait sa tête. Elle était conduite jusqu’à une mare où on la baignait. Un parent portait un siège de métal (or ou argent, suivant les moyens financiers de la famille) sur lequel on l’asseyait pour ce bain. Tandis que le gessere récitait les devises de sa famille, l’une des femmes qui l’avait accompagnée, la lavait.
Puis on la ramenait chez le chef du village. De là, elle était conduite, par la femme qui l’avait assistée, jusque dans la demeure de son mari. Pour ce transfert, elle devait abandonner sa tenue bleue et sa calebasse et revêtir une écharpe et un pagne blancs. Sa mère gardera cette calebasse jusqu’au moment où, tout ayant été accompli, elle rejoindra définitivement, à cheval, la demeure de son mari.


Photo: Petite fille Soninké parée, accompagnant la mariée...

L’assistance avait préparé de la bouillie de sorgho ; la jeune fille, vêtue de blanc et portant sa calebasse-cuiller sur le front maintenue par son écharpe de même couleur, se rendait dans la demeure de son mari. La bouillie était distribuée, avec cette cuiller, aux voisins, au gessere et aux esclaves ; cette bouillie était accompagnée de plats de viande, les denrées ayant été données par la famille du mari. Au bout de huit jours, lorsque, suivant l’expression, elle avait « terminé la bouillie », elle était à nouveau conduite dans sa famille paternelle ; le même jour, on la reconduisait chez son mari avec ses bagages et ses ustensiles, montée sur une pouliche. La cuiller était déposée sur la jarre qui contenait l’eau à boire ; elle servait à y puiser de l’eau. La jeune femme était alors vetue d’un très grand pagne, comme toute femme mariée. Elle le portait pendant toute la première année de sa vie conjugale, durant laquelle elle ne consommait ni couscous, ni riz, mais uniquement de la bouillie de sorgho et de la viande.
A la fin de la première année, le mari se procurait dix mesures de sorgho, un mouton, du beurre, et ramenait sa femme dans sa famille paternelle, à laquelle il offrait les denrées : ce jour là, on disait que la jeune femme « avait abandonné la bouillie ». Elle revenait au régime normal. Elle séjournait trois ou quatre mois dans sa famille, temps pendant lequel on préparait sa corbeille de mariage. Elle emportait des pagnes, des couvertures, des bijoux quand elle repartait pour la troisième fois chez son mari, où elle restait alors définitivement. Dès son retour, elle s’adonnait aux travaux de cuisine qu’elle n’avait pas entrepris lors de son premier séjour. Le mari tuait un mouton, ou une chèvre, et la jeune femme préparait des plats que tous les amis de sa belle-famille venaient consommer. C’est alors qu’elle était considérée comme définitivement introduite dans la famille de son mari.
Or autrefois, les huit premiers jours du mariage se passaient autrement. C’était le jeune homme qui se rendait dans le village de sa fiancée, où il était logé chez un ami. Le soir, son gessere allait le conduire chez la jeune fille et le ramenait au matin chez son logeur. Au bout des huit jours accomplis, le mari retournait chez lui. On cousait le tama comme un pagne ; la jeune femme parée et coiffée, était alors conduite chez lui comme il est dit plus haut. Elle recevait là des cadeaux et des vêtements offerts par la famille de l’époux. Pendant la première année, elle portait le tama « cousu ». Elle rapportait la cuiller-calebasse dans sa famille, et s’en servait pour offrir de la bouillie à ses voisins et ses amis. C’est seulement lorsqu’elle revenait définitivement chez son mari qu’elle s’en servait pour boire.

M.SACKO 07/13



SONINKAXU c'est un site internet : www.soninkaxu.com * un groupe sur Facebook : Facebook

Pour tout contact : webmaster@soninkaxu.com - Copyright * Soninkaxu 2012 * Tous droits réservés.


- - -