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Bida. (Frère jumeau de Diabé et « serpent totem » de Wagadou).



Bida. (Frère jumeau de Diabé et « serpent totem » de Wagadou)
(Selon le livre : L’empire de Ghana. Le wagadou et les traditions de Yéréré).

Bida, né jumeau de Diabé, est le fils de Sina Dommo Kouso. Très noir, Bida n’était pas beau à voir :
son corps était couvert de poils roux, sa bouche entourée de barbillons rouges, ses yeux étaient rouges aussi.
Il était cependant l’incarnation de tous les pouvoirs de Dinga et de toute sa force vitale (nyama), car ce dernier était à la fois chasseur, guerrier, chef et prêtre. En effet Bida, né homme, s’est transformé en « serpent d’eau » le même jour, puis plus tard en « génie ».
Il a donc fait immédiatement et le chemin de la vie et celui de l’initiation. Il vivait seul, enfermé dans une pièce, afin d’échapper aux regards.
Mais quarante jours après sa naissance, sa retraite fut violée et il quitta Sonna (Assouan).
Dinga dit à sa mère, angoissée, de ne pas le chercher et de ne jamais essayer de savoir ce qui lui était arrivé ni ce qui l’avait poussé à partir.
Bida est le nom qu’on lui a donné après qu’il ait quitté les lieux ; ce mot signifie « disparu »: il est « le disparu ».
En somme, hormis ses parents, personne n’a jamais vu Bida à cause de sa monstruosité et Dinga n’a jamais parlé de lui aux enfants qu’il incitera plus tard à s’installer à l’ouest.
Il voyagea depuis Sonna jusqu’au sahel ; sur terre selon les uns, souterrainement selon les autres.
Il n’alla pas jusqu'à Dallangoumbé, mais il s’arrêta dans un gouffre-labyrinthe qui n’est actuellement pas localisé mais qui se trouvait non loin du quartier de Malllaara de Koumbi où vécurent les généalogistes après la fondation de l’empire du Wagadou.
Parlant de ces lieux, les généalogistes disent : « Koumbi c’est la montagne, le grand serpent et le varan de terre » (Kumbi kuri la sa ba ni koro).
Le « serpent » est Bida ; le « varan de terre » représente l’ancêtre mythique des populations Kakolo qui occupaient le pays ; la « montagne » est ici le témoin d’un aérolithe gigantesque, objet du culte le plus ancien et le plus important de ces populations - qui sera nommé « la pierre » et assimilé ultérieurement à une « enclume ».
Toute invocation, au Wagadou, commence par l’énoncé de trois lieux-dits que l’on ne peut tous situer actuellement.
Le troisième, Dyenguédé, est celui où se trouvait « la pierre ». Cette invocation est parfois suivie de la phrase évoquant le Wagadou et Koumbi que nous venons de commenter.
L’excavation provoquée par la chute de l’aérolithe, qui se remplit d’eau de pluie, sera représentée du temps de l’empire du Wagadou par une « mare » connue, qui se conserverait l’eau de pluie encore aujourd’hui, dont on ne nous a pas révélé le nom.
D’autre part, les eaux du gouffre-labyrinthe où vivait Bida étaient en communication avec un réseau de cours d’eau qui coulaient bien au nord du fleuve Niger actuel, notamment dans une région où se trouve ce que l’on nomme, encore aujourd’hui, « vallée du serpent ».
D' après une tradition recueillie parallèlement par Amadou Hampaté Ba, ce gouffre comportait dix-sept couloirs-labyrinthes, c'est-à-dire une étendue souterraine considérable : Koumbi s’édifiera lentement au dessus de ce réseau de nappes phréatiques communicantes.
Bida et son jumeau Diabé, qui vint le rejoindre plus tard, se sont tous deux rendus dans des lieux où est rappelé l’épisode mythique de la chute de cette « enclume », c'est-à-dire de l’emblème traditionnel des Kakolo le plus important.
La situation du gouffre, communicant par des labyrinthes au lieu où est située « la pierre », est considérée comme la preuve d’une alliance étroite de Bida avec l’ancêtre mythique des forgerons.
Il faut aussi souligner que tous deux ne sont pas partis de Sonna (Assouan) pour aller « ailleurs », ou dans « une région inconnue », mais pour se rendre là où était née leur mère et s’installer sur les lieux où vivaient les membres de leur famille utérine.

M. SACKO 12/12



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